Confessions d’une accro aux chaussures

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To read this article in English : Confessions of a shoeaholic

Ça y est! Les soldes ont officiellement commencé à Paris. Personnellement, comme j’ai pu assouvir tous mes caprices avant Noël, je n’éprouve pas l’immense besoin de retourner faire du shopping…surtout lorsque un mois après je me retrouve avec une magnifique paire de LK Bennett que, je l’admets douloureusement, j’ai du mal à mettre…et comme je connais de nombreuses amies qui, complètement éblouies par une paire de chaussures moins chère de surcroît, sont capables tout comme moi de les acheter parfois plus petites ou plus grandes, juste parce qu’elles sont jolies, je me suis posé la question suivante : mais pourquoi? Que se passe-t-il dans le cerveau féminin à ce moment là?

Puisque selon mes observations, l’intelligence ne semble pas avoir d’influence sur la question (il fallait entendre la bac + 7 qui avait craqué pour une jolie paire d’escarpins Pierre Hardy un tantinet trop grands et qui quelques statuts Facebook plus tard avouait se mouvoir avec un peu de mal avec…), j’en conclus que les belles chaussures nous font rentrer dans un état de transe, nous, les femmes.

Car lorsque nous voyons une belle paire, nous nous rassemblons religieusement autour d’elle pour nous exclamer en choeur « ooooooh, elles sont trop jolies ». Et nous en perdons la faculté de réfléchir. Et c’est précisément ce qui est arrivé dans cette boutique LK Bennett: lorsque je suis sortie de la cabine d’essayage avec mes jolis escarpins, les copines étaient toutes émerveillées. Sans compter les commentaires du beau vendeur élancé qui se déhanchait élégamment en m’annonçant qu’il ne restait plus que ce 37 qui, selon ses dires, « me gainait » les pieds et il allait également de son expertise : « non mais, surtout que comme celles-ci ne sont pas vernies, elles vont s’étendre…le cuir est très souple ».

Alors j’acquiesce. Mais oui, bien sûr, cela donne du sens. Le Monsieur doit savoir après tout, c’est son métier.

Là a commencé l’état de transe, j’ai perdu le sens de la réalité. Un exemple de réalité tout à fait tangible, cependant occultée par mon cerveau à cet instant: être en mesure de marcher à un moment donné. A ce stade, notre cerveau féminin n’a plus qu’une vision photo des choses: nous nous voyons poser avec notre prochaine acquisition, nous nous voyons croiser les jambes en prenant un verre avec le beau et ténébreux directeur du service M&A (il est marié celui-là d’ailleurs? parce qu’à la fête de Noël, il n’avait pas d’alliance mais étant donné le nombre d’hommes adeptes de la modernité qui, malgré leur statut marital, se baladent dans la nature sans signe distinctif…). Bref, je m’éloigne du sujet…mais oui, nous voyons des photos défiler. Et nous avons cessé de penser aux moments transitoires comme la nécessité à un moment donné de nous déplacer d’un point A à un point B. Mais oui, on se dit que par miracle, nos escarpins magiques aux pieds, on se fera téléporter jusqu’au bureau. Un peu comme Mary Poppins. Mais même danser à une soirée…on se dit que juste le fait de plier les genoux en rythme fera illusion.

Et puis bon, avec les belles chaussures, il y a toujours une dame ou un metrosexuel très averti dans l’assemblée qui vous complimentera sur votre bon goût. Une fois même, lors d’un mariage, un convive m’avait approchée en me disant que sa petite fille de 10 ans m’avait décrite comme étant « la belle dame aux Louboutin« .

Bon, ça y est, en me remémorant ces compliments, je suis de nouveau conquise par mes achats légèrement impulsifs. Voilà sans doute pourquoi le vieil adage dit qu’il faut souffrir pour être belle.

Bah, un petit coup d’oeil sur la chose…je ne les porterai peut-être pas backstage, le 16 janvier, au défilé de Fabryan pour lequel je travaillerai pendant la fashion week à Berlin mais c’est vrai qu’elles sont belles…Sans regret finalement. 😉

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