Une nuit à Berlin dans mes escarpins magiques

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To read this article in English : A night in Berlin in my enchanted pumps

Il était 20h. De passage en coup de vent à Berlin ce samedi soir, je me préparais pour un date et pour revoir mes copains.

Sur une musique d’Icona Pop (« All night »), j’essayais ma nouvelle paire de chaussures : je portais mes nouveaux escarpins commandés en ligne chez Shoes of Prey. Ils ont fabriqué les chaussures de mes rêves : des escarpins vernis noirs à bouts et contrefort golf, avec des talons de plus de 11 cm. Et même pas mal en plus : dans le coffret majestueux de Shoes of Prey, il y avait trois paires de coussinets avec les chaussures, de telle sorte que je puisse marcher avec comme sur un nuage. J’étais comblée, à part le processus de livraison extrêmement désagréable mais vite oublié de leur prestataire logistique (DHL… l’occasion pour moi de me rendre compte que je n’étais pas seule dans mon malheur et que nombreux sont les utilisateurs mécontents qui les ont taggés à arnaque ou voleur).

Ma marraine la fée Shoes of Prey m’avait livré mes pantoufles de verre et nul doute que ce soir, elles allaient être à la hauteur de mes exigences.

20h15, la sonnerie me sort de ma rêverie. C’était mon date, Mr. X, un prince des temps modernes : tycoon overbooké en jeans, roi de pique mal rasé au cœur de pierre, adorable sur commande du lundi au samedi de 18h à 23h non renouvelable mais connaisseur de tous les clubs en vogue de la capitale allemande. Bref, l’escorte parfaite de l’ère du virtuel et du jetable, l’essentiel pour une Cendrillon 2.0.

Et comme Cendrillon, mes heures de fête étaient comptées car je reprenais un vol pour Paris aux aurores. Mr. X m’a emmenée retrouver mes amis qui m’ont gratifiée de leur habituel « Bonjour Princesse » devant le club Asphalt. J’avais essayé plusieurs fois auparavant de leur expliquer que l’appartenance à la noblesse malgache ne signifiait nullement que j’étais une princesse. Mais j’avais l’impression qu’ils voulaient y croire et qu’ils avaient décidé que j’en serais une. Ils ponctuaient régulièrement ce type de dialogue par « Et donc ça veut dire que tu es une princesse ». Un jour j’ai capitulé : « En gros, oui ». Et depuis, c’est resté.

Alors que nous étions sur la guestlist de l’Asphalt, le videur ne nous laissait pas rentrer. Une bonne heure de queue nous attendait. Nous avons entamé les 10 premières minutes en attendant que l’une des filles du groupe clarifie le malentendu avec le videur, le temps pour l’un des copains de me glisser un compliment sur mes escarpins qui, me disait-il, me faisait un joli cou-de-pied. Gay ? Non, juste un peu métrosexuel et surtout ancien commercial dans les chaussures de luxe à Paris. Toute fière, je lui expliquais que je les avais créées moi-même.

Mais la copine nous appelait enfin pour rentrer. Le privilège : couper la longue file du haut de mes escarpins magiques. Et en arrivant devant l’entrée, j’ai senti mes amis me bousculer. J’entends le videur dire « where is the princess ? ». Mes amis me regardaient, les yeux plein d’espoir…

Je me suis entendue dire : « mmmmh…it is meeeeee

Le videur : welcome to the Asphalt club. We are so honored to have you here. Please come in.

Moi : thank you my dear. Oh, and they are all with me…

Nous sommes tous rentrés dans le club…visiblement l’habit ne fait pas le moine mais l’escarpin fait la princesse.

Notre conte se termine de manière très contemporaine. A deux doigts de rater mon vol, je me suis enfuie comme la première Cendrillon, aux douze coups de minuit. Mon carrosse m’attendait : c’était un taxi que Mr. X avait commandé car aujourd’hui les citrouilles sont bio et ne servent plus qu’à faire des potages.

J’ai compris dans le taxi que Mr. X et moi, c’était du plastique. Mais peu importe.

Ainsi je n’avais plus besoin de perdre ma pantoufle de verre mais tant mieux car de toutes les façons, mes escarpins sont trop jolis pour que je m’en sépare…

Et c’est bien l’avantage de la femme d’aujourd’hui : prince charmant ou pas, elle peut s’octroyer le privilège de choisir une fée en ligne et laisser s’épanouir la princesse en elle.

Shoe : http://www.shoesofprey.fr/ (ps: pour toutes celles qui commandent de France, merci de noter que les chaussures chaussent légèrement plus grand qu’en France. J’ai pris une demi-pointure en dessous de celle que je porte habituellement et donc j’ai commandé un 37.5 à la place d’un 38)

Music : « All night » by Icona Pop : http://www.youtube.com/watch?v=0FWRT9C9XMQ

Asphalt Klub : http://www.asphalt-berlin.com/

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